Oignons

Les principales caractéristiques
La composition
nutritionnelle de l’oignon se rapproche de celle des
autres légumes frais. Il est plus ou moins riche
en
eau de
constitution : cette teneur varie de 86 à 89 % pour
les oignons «de garde» (ou «oignons secs»), et peut
atteindre 90 à 93 % pour les oignons frais (oignons
blancs de printemps).
Il doit l’essentiel de
son
apport énergétique (34 kcalories aux 100 g en
moyenne, soit 142 kJoules) à ses
glucides,
ou hydrates de carbone. Ceux-ci sont constitués en
majorité par des fructosanes, les sucres de réserve
de la plante. Ces glucides, molécules complexes
formées de chaînes de fructose, ne sont que
partiellement assimilables. On relève aussi du
glucose, du fructose et du saccharose, ainsi que de
petites quantités d’autres glucides (pentosanes et
hexosanes). Au total, les glucides représentent
environ 7 % de la masse de l’oignon. Dans l’oignon
blanc de printemps, plus riche en eau, le taux de
glucides est un peu moins élevé, de même que l’apport
énergétique (25 à 30 kcalories). Les
protides,
les
lipides et les autres constituants
énergétiques de l’oignon ne sont présents qu’en très
faibles quantités.
Parmi les nombreux
minéraux et oligo-éléments, le soufre
est le plus caractéristique. Il atteint 50 mg/100 g,
et entre dans la composition des substances
responsables de la saveur et de l’odeur typiques de
l’oignon. Le soufre est considéré comme un facteur
limitant la tolérance digestive d’un aliment. On note
aussi des teneurs importantes en potassium (170
mg/100 g), en phosphore (35 mg) et calcium (25 mg).
Des
oligo-éléments relativement rares sont bien
représentés : par exemple, le sélénium, qui favorise
les défenses immunitaires et s’avère essentiel dans
la lutte contre le vieillissement cellulaire (0,001 à
0,010 mg/100 g ; besoin quotidien estimé à 0,055 à
0,070 mg) l’oignon est une des meilleures sources
végétales de sélénium ; le manganèse, activateur de
nombreuses enzymes, et régulateur des
neuro-transmetteurs cérébraux (0,15 mg/100 g ; besoin
quotidien de l’ordre de 4 mg) ; le cobalt,
anti-anémique car co-facteur de la vitamine B12 (au
taux de 0,013 mg/100 g) ; le fluor, nécessaire au bon
état des dents et des os (0,04 mg/100 g) ; le
molybdène, catalyseur azoté (0,01 mg),
etc...
La teneur en
vitamine C de l’oignon est loin d’être
négligeable : elle atteint 25 mg/100 g dans l’oignon
blanc («oignon frais»), et reste aux alentours de 7
mg dans l’oignon «de garde», celui que l’on consomme
toute l’année. On comprend mieux le rôle d’aliment
anti-scorbutique joué autrefois par l’oignon pour les
marins qui partaient en haute mer. Les
pigments colorés (polyphénols
flavonoïdes jaunes, ou substances anthocyanes de
couleur rouge ou violette) qui donnent aux
différentes variétés d’oignons leurs teintes
caractéristiques, possèdent aussi des propriétés
«vitamine P», et potentialisent l’action de la
vitamine C (en renforçant notamment la résistance des
capillaires sanguins). Beaucoup de vitamines du
groupe B sont retrouvées dans l’oignon, à des taux
modérés. On relève aussi la présence de vitamine E
(0,14 mg/100 g) et de provitamine A (0,01 à 0,05 mg).
Les
fibres,
moyennement abondantes (2,1 %), sont constituées à la
fois de celluloses et d’hémicelluloses (qui forment
les parois des cellules végétales) et de pectines et
autres substances colloïdales (donnant des composés
de consistance mucilagineuse après cuisson). Cet
équilibre, entre des fibres de nature différente,
rend l’oignon cuit doucement laxatif, et bien
supporté par les intestins.
L'intérêt nutritionnel et
diététique
Bien qu’il soit souvent
consommé en quantités modérées - notamment lorsqu’il
est utilisé comme condiment - l’oignon possède de
réelles qualités nutritionnelles : il peut fournir
des quantités appréciables de vitamine C, et de
«facteur vitaminique P», de nombreux minéraux et
oligo-éléments (notamment du sélénium, aux propriétés
immunitaires et anti-oxydantes reconnues). Et tout
ceci en même temps qu’un apport calorique modéré (ce
qu’on apprécie en général aujourd’hui !). Mais
l’oignon présente, de plus, des actions
physiologiques originales, qui ont fait l’objet de
nombreuses études récentes :
Action
diurétique
Due semble-t-il à la
présence des fructosanes, ces glucides particuliers,
abondants dans le bulbe ; et probablement au rapport
élevé potassium/sodium.
Effets
bénéfiques sur le système
cardio-vasculaire
L’oignon frais inhibe
l’agrégation plaquettaire (en agissant sur différents
systèmes enzymatiques), ce qui évite la formation
éventuelle de caillots, et protège des risques
d’obstruction des vaisseaux et de thrombose. Une
équipe bordelaise a démontré que ces effets sont
nettement observables avec une consommation
quotidienne de 200 g d’oignons
crus.
Chez l’animal, on a mis
aussi en évidence une action protectrice vis-à-vis
d’une surcharge alimentaire en
cholestérol.
Action
hypoglycémiante
L’oignon s’oppose à une
élévation excessive du taux de sucre dans le sang.
Les principes actifs : certains constituants soufrés
(disulfure d’allyle et de propyle) et une amine
spécifique (la diphénylamine). Cette action a été
retrouvée chez l’animal et chez
l’homme.
Action
bactériostatique
A l’état frais, l’oignon
s’oppose à la prolifération microbienne, et peut même
jouer un rôle anti-bactérien, notamment vis à vis des
bactéries gram+.