Navet et rutabaga

Les principales caractéristiques
Légume de la famille des
crucifères, le navet (Brassica
napus, var. rapa) est aujourd'hui surtout
considéré comme un légume de diversification. On en
connaît différentes espèces, en particulier : le
navet d'automne, plutôt cultivé dans les régions
nordiques ; le navet précoce (parfois dits "navet de
mai") qui est aujourd'hui le plus courant ; et le
navet "pygmée", au goût très
relevé.
Le rutabaga
(Brassica
napus, var. napobrassica), appelé aussi
"chou-navet", appartient à la même famille de
crucifères. Devenu rare aujourd'hui sur les marchés,
il a longtemps été largement consommé,
particulièrement en période de disette. Il en existe
des variétés blanches, d'autres violacées à chair
blanche, et enfin (les plus fines sur le plan
gustatif) des jaunes à chair jaune. Riches en
eau (respectivement 93 % et 89,3
%), le navet et le rutabaga ne renferment qu'une
quantité modeste de composants énergétiques.
Les
glucides du navet ne dépassent pas
3,2 g aux 100 g (ils atteignent toutefois 7,2 g dans
le rutabaga), et les
protéines comme les
lipides ne sont présents qu'en
faibles proportions (de l'ordre de 1 % au maximum).
De ce fait, l'apport
énergétique de ces légumes reste modéré
: 18 kcalories (75 kJoules) aux 100 g pour le navet,
35 kcalories (145 kJoules) pour le
rutabaga.
L'éventail de leurs
minéraux est assez proche, avec une
teneur élevée en potassium (230 à 240 mg aux 100 g),
des apports non négligeables en calcium
(respectivement 39 et 47 mg) et en phosphore (31 mg).
On note bien sûr la présence de nombreux
oligo-éléments : outre le fer (0,3 et 0,4
mg), le zinc (0,17 et 0,1 mg), le cuivre (0,05 à 0,08
mg) et le manganèse (0,06 mg), on relève aussi des
traces de nickel, de molybdène, d'iode, de sélénium,
etc. On peut remarquer que dans le navet, le sodium
atteint 57 mg aux 100g, taux comparable à celui -
relativement important - de la carotte ou
l'artichaut, par exemple, et qui limite la
consommation de ces légumes dans un régime désodé
strict. Le navet et le rutabaga fournissent des
apports tout à fait intéressants en
vitamines. Ils renferment
respectivement 20 mg et 33 mg de vitamine C (et
encore 11 mg après cuisson), ce qui les place parmi
les légumes bon fournisseurs d'acide ascorbique. On y
retrouve également dans leurs composants toute la
gamme des vitamines du groupe B (à l'exception de la
vitamine B12, absente du règne végétal), et un peu de
provitamine A (ou carotène).
Ces légumes ont en commun
une teneur en
fibres modérée (2 g pour le navet
et 1,5 g pour le rutabaga), avec une nette
prédominance des fibres insolubles (près de 90 % du
total). Comme tous les légumes crucifères (en
particulier les choux), le navet et le rutabaga
possèdent une saveur marquée, due à la présence
d'hétérosides
soufrés.
Ces substances peuvent provoquer, chez des sujets au
système digestif fragile, flatulences et gênes
intestinales. Mais elles présentent par ailleurs un
intérêt majeur : une action "anti-cancer"
reconnue.
L'intérêt nutritionnel et
diététique
Navet et prévention du cancer
Les hétérosides soufrés ou
glucosinolates présents dans le navet et le rutabaga
sont abondants : on en retrouve jusqu'à 40 mg aux 100
g. Ces substances (en particulier les dithiolthiones
et les isothiocyanates) possèdent un pouvoir
anticarcinogène puissant : elles augmentent
l'activité des enzymes incriminées dans la
détoxication des composés carcinogènes ou favorisant
les mécanismes de cancérogénèse. Les indoles, autres
substances spécifiques présentes dans le navet et le
rutabaga, possèdent une influence sur le métabolisme
des oestrogènes hépatiques, et pourraient avoir un
effet préventif sur le cancer du sein,
oestrogéno-dépendant. Les indoles auraient également
un effet protecteur vis-à-vis des cancer de l'estomac
(notamment les cancers provoqués par la consommation
d'aliments fumés) et de l'intestin. Dans de très
nombreuses enquêtes nutritionnelles, une consommation
régulière de légumes crucifères - choux, mais aussi
navet et rutabaga - apparaît corrélée avec une
incidence moindre de cancers (notamment pulmonaires,
digestifs et du sein).
Navet et équilibre de
l'alimentation
Outre leur intérêt comme
sources de composés à action "anti-cancer", le navet
ainsi que le rutabaga peuvent contribuer au bon
équilibre de l'alimentation, grâce à la nature et aux
proportions de leurs composants. Ainsi, une portion
de 150 g de navet couvre au moins 5 % de l'AJR* pour
les vitamines B1, B2, B6 et B9. Et leur densité en
vitamine C est remarquable, puisqu'elle atteint 65 mg
pour 100 kcalories fournies par le navet ou le
rutabaga cuits (rappel : l'AJR* en ce qui concerne la
vitamine C est de 80 mg, pour une alimentation qui
fournit entre 1800 et 2500 kcalories). Le navet et le
rutabaga assurent également un complément très
diversifié en minéraux et en oligo-éléments, des
composants précieux pour la qualité nutritionnelle de
l'alimentation. Enfin, leurs fibres sont efficaces
pour le bon fonctionnement des intestins.